Alejandro : Oui c'est une chose que … en plus nos disputes sont assez diplomatiques .., je crois .. (rires) au moins il .. oui il y a des moments ou les choses sont plus tendues que d habitude, mais disons que, je sais pas .. ..et puis maintenant on a plus vraiment envie de se disputer, l'important c'est de produire, c'est important que nous nous centrions sur la production , ..
Avril : Ces derniers moments, ce fut le temps.. la pression d'assumer quelque chose de grand sur nos épaules, c'est ce qui a permis que aujourd’hui le Fanzinerozo se repose, aussi nous avons assumer des travaux , autres que le fanzinerozo, mais cependant nous les avons assumer ensemble, tel que un agenda pour « Inspiration Cat’s », un agenda de cette marque avec de illustrations, et avec l'argent gagné nous avons parrainer les livres, et ceci a ete la preuve de feu car ce n était pas le fanzinerozo habituel, et nous l avons fait très bien , aussi nous avons travaille sur le festival (internacional de la historieta), ce qui nous donne une idee de qu e l on peut faire autre chose et que cela nous donne de l argent tandis que le fanzinerzo ne rapporte rien.
Alejandro : ca nous permet d amortir le prochain tirage
Avril : et parfois non..
Alej : et parfois non, parfois ..
Avril :  parfois c est « ah ça va je met 20 pesos .. ¡¡ »
Alej :c'est une question de parrainage..
Filles : « on veut qu elle sorte ¡ » (la revue)
Alejandro : c est sur qu il y a eu des moments glorieux aussi, non ? (rires) Woaw, on a assez pour faire pleins de fanzines
Filles : « allons manger » ¡
Rires…

Alejandra : on maintient l équilibre.. parce que , ..euh  on ne parle pas de vendre ce numéro et de passer directement au suivant, non ..car la dernière somme d argent que nous gagnions, sert a photocopier tous les numéros antérieurs en partant du premier numéro, donc cet argent se doit d augmenter, d une certaine manière, sinon ca ne marche pas. On peut soit gagner pour le nouveau numéro, ou photocopier tout de nouveau.
Alejandro. : Bien que nous soyons aussi.. bon, il y a peu je me suis rendu compte que le fanzine a aussi ses limites, car c est un fanzine justement, le fait que la diffusion soit a bcp plus petite échelle
Joaquin (en fond) ..tu le dis très bien « Moi-même m en suis rendu compte » alors que tu étais le plus enthousiaste
Todos : si…
Avril : si je me souviens il disait « non , nous devons le faire ¡¡(cri) alors que nous etions tous fatigues.. « non ,,réunion, réunion ¡¡(imitant Alejandro).  « ok, on y va « 
4.03
Alejandro : ce qui se passe c est que maintenant que nous sommes dans un monde autant visuel, je me réfère au look, aux couleurs, aux formes, tout est si …  en fait notre fanzine , est photocopié en noir et blanc papier A4, donc nous avons remarquer pendant le festival , dans les stands, que nous faisons face a des publications majeures, qui gardent pourtant le format « fanzine », c est le même, sauf qu ils sont fait en imprimerie ..et que ca se vend plus disons., Donc je me rend compte chaque fois un peu plus, et ca me fait un peu de peine car le fanzineroso est très chouette, dans le sens ou dedans je ressent la liberté, la vraie.. je crois car le fait de dépendre d une imprimerie, de l éditeur, du design , bien que maintenant nous ayons notre diseñatrice (Alejandra), le fait de dépendre de ce tipe de choses , nous limite beaucoup .. et plus encore s il s agit de BD, car la Bd si elle se publie doit avoir une bonne qualité, on ne peut pas perdre le ton , la coleur , les lettres,  et ceci est ennuyant pour nous , ca me fait de la peine et me rend un peu triste mais , en fin de compte il faut y aller , il faut se donner la chance .. 
 Vous pouvez déjà filmer ?
Ca filme..
Ah ca filme ? rires ..

Alejandro: une chose que je voulais commenter :Tout est un peu une réaction en chaîne, non ¿ Quand ils nous ont virer moi et Joaquin de La Razon (journal de LP), il a eu une crise dans le fanzinerozo  (rires) Il y a eu des moments ou le fanzineroso ne se vendait pas bien on se disait avec Joquin « de toute façon on a notre boulot a La Razon », et on jouait les parrains, on mettait l argent et on lançait comme ça un nouveau numéro, mais quand ils nous ont virer il a eu une espèce de crise, donc on est en plein dans le processus de se surpasser pour lancer les prochains numéros..

Joaquin : Est-ce que ca a été de la chance, le fruit de travail ?? ..Tout influence, non ? en premier, la chance de que nous nous soyons rencontres tous les quatre, que l équipe ait pu fonctionner aussi bien, ça, oui c est de la chance de pouvoir trouver les bonnes personnes, la bonne équipe, avec laquelle tu accordes une bonne chimie, ça tu ne le cherches pas, et soudainement ça vient à toi .. Ensuite, oui, nous travaillons beaucoup, nous travaillons fortement et bien que nous vivions tous chez nos parents, aucun de nous n est vraiment dépendant, je dois toujours comme tous,    trouver le moyen d avoir de l argent pour le transport, nos envies, pour ce que nous faisons... Pour tout, car nous faisons ce fanzine, et ce n'est pas nos parents qui le payent, nous faisons le festival, et devons trouver des sponsors et trouver un boulot pour pouvoir gérer tout cela. Nos voitures viennent de notre boulot, Donc nous trouvons  des boulots la ou on peut , par exemple , Avril enseigne des cours, alejandra vend de l artisanat, Alejandro fait d autres boulots, moi-même fait du design graphique pour avoir d l argent ..  Et même avec cela, qui nous prend une bonne partie de la journée, nous devons dédier quelques grosses heures a l autre activité  le fanzine, le festival, des revues ou simplement dessiner de la BD, ou faire une caricature pour ma page Web, tout cela c est du temps, et je crois que ca c est juste mettre un peu plus de volonté, dormir quelques heures en moins par jour, et ça donne des fruits, des résultats, et ca c est ce qui fait que tu te sentes en vie.. Et en plus quand tu vois la réaction des gens, de l environnement... parfois il y a des réactions plus générales, si elles se sentent dans ton environnement, tes amis, tes connaissances, ou ce petit monde de gens qui va aux activités culturelles d ici a La Paz, mais on sent quand même la réponse... parfois tu reçois un mail de gens de l étranger qui dit : ta création m est arrivée entre les mains et ça m’a plu, c est une satisfaction très grande... et c est ça le travail : l'envie que tu y mets, c est aussi être conscient que nous ne sommes pas encore des génies,qu il nous reste beaucoup à apprendre et pour cela nous continuons à travailler durs... car nous connaissons des traveaux qui sont véritablement de génies.Nous avons vu  des œuvres de gens qui sont fabuleuses, incroyables, et nous savons, qu’il nous manque encore beaucoup pour atteindre leur niveau... donc, il faut continuer, dédier du temps à pratiquer, travailler, améliorer les techniques, améliorer les façons de narrer, apprendre à faire un script, diversifier les thématiques, construire les personnages... et toutes ces choses que nous n utilisons pas. Et qu il faut apprendre..

Alejandra : Bon, je rejoins ce qu'il disait et ... eu... je suis très heureuse de faire partie du groupe fanzinerozo parce que, je crois que nous nous sommes  assemblés, les 4 personnes avec une idée en commun, qui est de dire  « Ce que je fais, je le fais bien » c’est-à-dire avec amour, avec volonté et donner tous tes efforts, tes heures, ces moments pendant lesquels tu pourrais dormir ou faire autre chose, dédier ce temps au fanzine...Donc je crois que nous partageons cette même idée, ce même souhait que la journée dure 26 heures et non 24... nous sommes des gens qui n'avons jamais le temps pour faire d autres choses en dehors de notre environnement, nous voudrions voyager, nous voudrions peut-être oublier tout et dire « non, faisons quelque chose de différent » mais en fin de compte, nous en sommes toujours au même, et nous en sommes pourtant heureux... Ce n est pas « oh non, je dois travailler », il a toujours cette envie, cette volonté envers l affaire... donc je pense que c est ce qui nous unit le plus car un de nous ne peut pas dire "ah, non, je le laisse à la moitié", ou publier quelque chose de mauvais... il y a toujours un effort à fournir, une valeur, donc, je crois que c est la vertu la plus grande du fanzineroso, car si nous n avions pas cette force, depuis le plus profond, ca n irait jamais bien... donc, je crois que c est notre grande valeur de dire « tant pis, Ce dimanche, ça sera nuit blanche pour présenter mes dessins et faire tout ce que j'ai à faire, et dire le fanzinerozo est important pour nous.

 

Avril. Et quant a ce que tu demandais au début : la décision d être artiste, je crois que c est ça... ce que disait Alex, non ?  en fait : ce n st pas un travail de 8 heures par jour, ni de 12, sinon de 24 ou avec chance 18 ou 20, parce que nous nous rendons compte que nous n avons pas de vacances, de noël, ou de semaine sainte, car il y a toujours quelque chose à faire, il faut toujours produire, et tu es toujours à contretemps, et tu t exiges toujours plus  et... oui, je pense, « quelle folle, qu est ce que je fait.. pourquoi pas avoir une vie normale, un salaire mensuel et ces choses qui ne se passent chacun.. : chaque jour tu dois inventer , t inventer comment avoir suffisamment d argent pour le mois, et ensuite pour les imprévus, et c est quelque chose auquel tu te mets a penser quand tu te rends compte que tu veux vivre seul , que tu veux avoir une famille.. Et certes, comme disait Joaquin, nous vivons chez nos parents, et c est une faveur qu'ils nous font en ayant pour nous un espace dans la maison... nous donner une chambre et à manger de temps en temps, mais sinon, nous avons tous nos propres dépenses... depuis l habillement jusqu au docteur et nous sommes aussi partie de la force l’aboral de la famille, donc, être artiste est « tiré par les cheveux », même nos parents nous disent « qu'est ce que tu fous en étant artiste? que vas-tu faire de ta vie ?... »  mais c est quelque chose que tu ne peux pas arrêter, Et que tu ne veux pas arrêter non plus...   Avec le fanzinerozo tel que le disait alejandro quant a la liberté, être artiste, c est vouloir être libre, c est vouloir t inventer toi-même, t inventer ta source de travail, ta manière de parvenir aux gens.... c est ça Etre Artiste ici, car c est la Bolivie et le marché de la culture est minuscule ...  et parfois on pense,, quelle illusion...